Né près de l’équateur au Congo, élevé au cœur de l’Europe, ma musique est aujourd’hui diffusée principalement en Amérique du Nord et du Sud.
Cette trajectoire géographique multiple a très tôt nourri un rapport ouvert aux cultures, aux langages et aux formes.
Artiste autodidacte, j’explore dès l’enfance différents territoires : dessin, peinture, musique rock, bande dessinée, poésie.
Ces expérimentations me conduisent ensuite vers des pratiques professionnelles liées à l’image et au son — graphisme, direction artistique, web design, chroniques musicales — avant que la musique ne devienne le centre de gravité de mon travail.
Mon intérêt pour les formes artistiques, anciennes comme contemporaines, m’amène à poursuivre un master en philosophie, dans la conviction que l’art et la pensée partagent une même exigence : interroger le réel par des formes sensibles.
Mon imaginaire musical se construit très tôt comme un paysage de sons, de voix et de structures : chants pygmées, musique contemporaine (Cage, Feldman, Scelsi), vitalité du rock, harmonies du jazz, ragas indiens, rythmes africains, musique ancienne (Monteverdi, Mozart), minimalisme, électronique, ambient.
Au-delà des styles, ce qui m’importe est la cohérence d’un univers, sa densité, sa capacité à ouvrir un espace d’écoute.
La disparition d’une amie proche marque un tournant décisif et fait naître la nécessité impérieuse de composer, comme pour créer des estuaires entre l’intime et des territoires plus vastes, parfois mystérieux.
Un grave accident de santé en 2016 m’amène ensuite à me consacrer entièrement à la musique, à repenser mes outils et à adapter ma lutherie.
Ces parcours, à la fois artistiques, intellectuels et existentiels, constituent aujourd’hui le terreau de mon travail : une musique attentive au silence, au temps et à la profondeur de l’expérience sensible.
Je conçois la musique comme une ouverture sensible, un rythme intérieur, et la poésie comme une trace déposée, brève et essentielle.
Ma démarche privilégie la lenteur, la retenue et une attention particulière au corps, au temps et à la présence.
Créer, pour moi, consiste à initier un état d’écoute — pour l’autre comme pour moi-même — dans le respect d’un rythme organique et d’une relation juste à l’émotion. e